La Mitad del Mundo Environ de Quito – Equateur

 

Pica-02-grand (Copier)Que je vous raconte…

 

Lundi 20 juillet 2015

 

Escale plus que touristique que celle de la Mitad del Mundo , mais qu’est ce que c’est ? c’est la ligne où passe l’Equateur… du coup d’un côté l’hémisphère Sud de l’autre l’hémisphère Nord !!

L’Equateur à donc érigé un monument, en plein milieu d’un parc d’attraction dédié à la Géodésie, et aux boutiques à touristes mais franchement on se laisse prendre au jeu.

 

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La ligne jaune, symbolise le Sud et le Nord

Question : Qui est nord , Qui est sud ? la réponse est dans les photos

 

 

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Ensuite un petit tour au pavillon Français, et oui car c’est le Roi qui a commandé une expédition en Equateur afin de faire les relevés des méridiens et au détour d’un couloir j’ai croisé … un ancêtre de Jacky !!!

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Concernant le pavillon français et l’histoire de l’expédition française en Equateur,  c’est mon ami Jules qui vous le racontera.

 

Tarifs pour visiter le site :

– accès au site, musée et tous les pavillons : 6USD/perso et tarif réduit pour les enfants et ainés.

– tarif pour le parking : 3USD que l’on y reste 1 heure ou toute la journée. Le parking se paye au même guichet que l’achat des entrées.

 

 

 

 

 

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Jules raconte la Mission Géodésique française – Mitad del Mundo – Equateur

 

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Je me trouve sur le site le plus touristique d’Equateur, La Mitad del Mundo. Derrière moi d’un côté l’hémisphère Nord, de l’autre l’hémisphère Sud.

 

 

Visite du Pavillon Français, Mitad del Mundo – Equateur

 

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Sur le site de la Mitad del Mundo, existe le Pavillon Français ou Musée Géodésique Français, qui retrace l’histoire de l’expédition française, venue a cet endroit faire les relevés permettant de situer l’Equateur.

 

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On peut voire des instruments utilisés pour prendre les mesures comme l’Astrolabe, ancêtre du Sextant, pour mesurer la distance entre l’horizon et une étoile.

 

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Au cours du 16 ème siècle, il devient nécessaire d’actualiser les connaissances géodésiques en raison du développement du commerce, de la construction, de la navigation et de la délimitation des Etats et des propriétés. C’est sous le règne de Louis XIV qu’est fondée en 1666 l’Académie de Paris et que la première carte de France scientifiquement établie est levée.

Au cours du 18ème siècle surgit une polémique à propos de la forme de la terre. Deux expéditions scientifiques quittent alors la France dont l’une se rend à Quito.

 

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“Calcul de la longueur d’un degrès de méridien terrestre, réalisé par Picard, par la méthode de la triangulation suivie de l’observation astronomiques. Il utilisa comme référence la distance entre Amiens et Malvoisine.”

Théories sur la Forme de la terre :

En 1672, l’astronome Richer part à Cayenne (en Guyane) pour effectuer des observations sous les latitudes équatoriales, et met en doute la parfaite sphéricité de la Terre. A la fin du 17ème siècle, Isaac Newton présente la théorie de la gravitation universelle, laquelle implique l’idée que la terre est aplatie aux pôles. La théorie de la force centrifuge de Huygnes aboutissant aux mêmes conclusions, ces thèses révolutionnent le monde scientifique et philosophique de l’époque.

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“Les travaux de Picard furent utilisés en 1720 par Cassini pour réaliser la carte de France.”

Mappemonde du 16ème siècle : Première carte établie après la découverte des Amériques, réalisée par le hollandais Mercator.

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Polémique autour de la forme de la terre :

Une grande polémique surgit au milieu du 18ème siècle entre les tenants de la théorie de Newton et ceux de la dynastie des Cassini (chargés de la réalisation de la carte de France). Ceux ci prétendent que la Terre est allongée en ses pôles, en se basant sur la prolongation de méridien mesuré peu avant par triangulation, et en obtenant un parallèle qui le coupe perpendiculairement.

Le roi Louis XV ordonne alors à l’Académie de résoudre le problème et deux expéditions sont envoyées aux endroits les plus extrèmes du globe pour réaliser la mesure d’un arc de méridien terrestre. L’une de ces expédition part au Pôle Nord l’autre en Equateur.

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                        Jean Dominique Cassini (1626-1712)

Sextant : Instrument permettant la mesure d’un angle entre deux directions (depuis la terre ferme ou un bateau en mer) et de calculer une position par rapport au soleil, la lune ou une étoile.

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L’Académie choisit plusieurs académiciens et techniciens pour réaliser la mesure de l’arc de méridien au niveau de l’Equateur. L’Audience royale de Quito se trouva être le lieu le plus adéquat pour mener à bien ces études. Le roi Philipe V d’Espagne donne alors l’autorisation de travailler dans ses colonies et nomme deux représentants qui se joignent à la mission. Les études réalisées en Equateur furent très importantes pour la connaissance de la forme définitive de la terre.

 

 

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en haut de l’image : Itinéraire de voyage des membres de la première mission géodésique en Equateur – Oeuvre de la Condomine.

en bas de l’image : La Condomine à Palmar – Ouvre de la Condomine.

la Mission en Equateur :

Sont choisis pour participer à la mission Messieurs :

 

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Louis Godin 

Il naît à Paris en 1704. Membre de l’Académie des Sciences depuis 1725. Il est nommé chef de l’expédition pour son expérience et son ancienneté à l’Académie. D’un caractère difficile, il se sépare de ses compagnons et enseigne à l’Université San Marcos de Lima où il établit un nouveau plan de la ville après le tremblement de terre de 1746. De retour en France, il est nommé professeur de mathématiques à l’Académie de Cadix en Espagne, où il meurt en 1760 sans avoir publié aucun de ses travaux.

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Charles-Marie de la Condomine

Il naît à Paris en 1701 et devient membre de l’Académie en 1735. Sa spécialité première est la chimie mais il se transforme rapidement en un éminent géographe, vulcanologue, anthropologue et astronome et sera l’âme de l’expédition. Il retourne en France en 1745 avec don Pedro Vicente Maldonado en descendant le cours de l’Amazone et publit diverses oeuvres scientifiques importantes parmi lesquelles le “Journal du Voyage par Ordre du Roi de France à l’Equateur”. Il meurt à Paris en 1774.

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Pierre Bouguer

Il naît au Croissic en 1698. Cet ingénieur en Hydrographie, astronome et grand mathématicien est membre de l’Académie depuis 1731. Il est sans doute l’homme le mieux préparé de la mission. Il constate le phénomène de l’attraction des montagnes sur le fil à plomb et s’intéresse à l’art de la navigation et de la photométrie. Il retourne en France en passant par Carthagène. Il relatera la mission dans son ouvrage “La Mesure de la Terre”. Il meurt en 1758.

 

Joseph de Jussieu

Il naît à Lyon en 1704. Médecin renommé de la faculté de Paris, il est issu d’une famille d’illustres botanistes et est nommé membre de l’Académie des Sciences en 1742. Il réalise d’importantes études botaniques, une carte de la région amazonienne et retourne en France après 36 années passées en Amérique. La majeure partie de son travail a été perdue avant qu’il ne rentre en Europe. Il meurt à Paris en 1779.

Morainville

Ingénieur, artiste, peintre et dessinateur. Il peint quelques toiles religieuses et participe à la construction de plusieurs édifices. Il réalise le premier plan scientifique de Quito en 1741 et édifie les pyramides qui serviront pour les mesures. Il meurt en Amazonie alors qu’il s’apprête à retourner en Europe avec La Condamine.

Hugot

Ingénieur et horloger, spécialiste en appareils de précisions. Il meurt à Quito en 1743.

 

Verguin

Ingénieur de marine dessinateur, de plans et cartes.

 

Godin des Odonnais

Membres de la mission et neveu de Louis Godin. Il écrira une grammaire Quichua et la fameuse “Lettre à Monsieur de La Condamine” dans laquelle il raconte le voyage de sa femme, Isabel de Casamayor,  de Quito à Cayenne.

Seniergues

Médecin chirurgien de l’équipe, il est assassiné à Cuenca.

Des espagnols :

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Jorge Juan y Santacilia

Il naît à Noveldad, Alicante, en 1715. Marin, il est désigné par le roi Philippe V d’Espagne pour accompagner la mission géodésique française. Il collabore activement aux travaux de Godin et retourne en Espagne en 1746. Il écrira avec Don Antonio de Ulloa “Relations historiques du voyage à l’Amérique Méridionale”, publié à Madrid en 1748. Il meurt en 1775.

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Antonio de Ulloa

Né à Séville en 1716. Il est lieutenant de frégate quand il se joint à la mission géodésique. Lors de son retour en Espagne avec Jorge Juan par Panama, son bateau est capturé par des pirates anglais. Libéré, il reçoit les excuses de l’Académie Royale des Sciences de Londres. Il est nommé membre correspondant de l’Académie en France avant de retourner définitivement en Espagne en 1747. En 1772, avec Jorge Juan, il écrira “Noticias Secretas”, rapport au Roi d’Espagne sur l’état de ses colonies. il meurt en 1795.

Sans oublier :

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Pedro Vicente Maldonado

Il naît en 1704 à Riobamba – Equateur. Très attiré par les sciences, il est un appui important pour la Mission Géodésique à Quito. Ami de La Condamine, il l’accompagne au long de l’Amazone lors de son retour en France. Il est plus tard nommé gouverneur de la province d’Esméraldas par le Roi d’Espagne et membre correspondant de l’Académie de Paris. Auteur de la première carte de la province de Quito, il travaillera beaucoup pour les communications entre le Pacifique et les fleuves de l’Amazonie. Il meurt en 1748.

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Isabel de Casamayor

Née à Riobamba – Equateur, elle se marie avec Godin des Odonnais. En 1769 elle décide de rejoindre par l’Amazonie son mari parti à Cayenne (Guyanne). Après un voyage au cours duquel meurent tous ses compagnons, elle rejoint son mari en 1771.

L’expédition part le 16 mai 1735 du port français de la Rochelle et arrive à Manta le 9 mars 1736.

La Condamine se sépare du Groupe pour faire les premières mesures d’observation sur la côte du Manabi (Puerto Lopez, Manta…). Réunis à Quito le 10 juin 1736, les membres de l’expédition recherche un site adéquat pour établir une base de calcul leur permettant de commencer la mesure du méridien par triangulation.

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“Carte de la triangulation réalisée entre Cochasqui et Tarqui. Mesure des trois premiers degrés du Méridien dans l’Hémisphère Austral – 1751”

La zone de Yaruqui à l’est de Quito, est celle qui présente alors les meilleurs conditions. De Caraburu au Nord à Oyambaro au Sud, la base mesure 6272 toises, 4 pieds et 7 pouces soit 12 226 mètres. De 1736 à 1740, sont mesurés 32 grands triangles sur la distance séparant Cochasqui (Pichincha) de Tarqui (Azuay). De longues observations astronomiques utilisant comme repère la constellation d’Orion permettent de donner à l’arc de méridien une courbure de 3° 7’ 11”.

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“Globes terrestre et céleste du 17ème siècle : représentation sphérique de la terre et de ses constellations.”

Apport pour l’Equateur :

1 – Le titre du journal de La Condamine “ Journal de voyage à l’Equateur” est à l’origine de l’adoption du nom actuel de l’Equateur lorsque ce pays se sépare de la Grande Colombie.

2 – Première carte de la province de Quito, réalisé par Maldonado et imprimée à Paris en 1751.

3 – Première carte scientifique de Quito, établie par Morainville.

4 – Situation cartographique et altimétrique des principaux sites de l’Audience de Quito.

5 – Détermination des points par lesquels passe la ligne équatoriale.

6 –  Situation exacte du cratère de Pichincha par La Condamine.

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“Plan de Quito levé par Morainville en 1741”

Apports à la Culture Universelle :

1 – La Condamine fut le premier à proposer l’adoption d’une mesure universelle de longueur, suggérant qu’elle soit la distance sur laquelle se déplace le pendule pendant une seconde en Equateur. Ses calculs servirent d’antécédant au mètre (dix millionième partie du quart du méridien terrestre) adopté par l’Assemblée Constituante en France en 1791.

2 – Jorge Juan et Antonio de Ulloa, dans leurs rapports au Roi d’Espagne sur l’état de ses colonies, décrivirent une situation dans laquelle on pouvait lire les prémisses des changements qui se produiraient à peine un siècle plus tard.

3 – Diffusion en Europe de la connaissance de l’Amérique et éveil de l’intérêt pour les voyages scientifiques.

4 – Découverte du caoutchouc et de la quinine.

5 – Découverte du platine, connu en Equateur depuis la Préhistoire.

La Seconde Mission Française Géodésique :

L’Association Géodésique Internationale, fondée en 1862, estime au début du 20ème siècle nécessaire de mesurer à nouveau les arcs de Laponie et d’Equateur afin d’actualiser les données de la première Mission.
La seconde Mission Géodésique fut l’occasion d’avancées importantes dans les domaines de la géographie, astronomie, ethnographie, linguistique, anthropologie, archéologie, botanique..

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Geoges Perrier :

Général de division, membre de l’Académie des Sciences et du bureau des longitudes. Professeur de l’Ecole Polytechnique de Paris et Secrétaire de l’Association internationale de Géodésie. Grand officier de la Légion d’Honneur.

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Paul Rivet :

Il naît à Wassigny en 1876. Directeur de l’Institut d’Ethnographie de l’Université de Paris, il fut aussi directeur du Musée Ethnographique de Trocadéro. Professeur d’anthropologie au Musée d’histoire naturelle et directeur fondateur du Musée de L’homme à Paris.

Auteur de nombreux publications sur l’Equateur, ses oeuvres “Origines de l’homme américain” et “Ethnographie ancienne de l’Equateur” sont des pièces maîtresses de l’anthropologie équatorienne. Il meurt à Paris en 1958.

La France se charge d’effectuer les nouvelles mesures en Equateur en confiant cette tâche à son Institut géographique militaire. L’Etat Equatorien participe économiquement à l’opération et met à disposition du personnel de ses forces armées. Il est alors décidé de mesurer un arc plus long que celui de La Condamine. La mission regroupant 25 membres dure de 1902 à 1906, et obtient une mesure de 5° 53’ 34” pour un arc compris entre Tulcan au Nord et Paita au Sud.

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